Bas les masques ?

15 Juil 2022

 

On pourrait s’étonner de découvrir les deux mêmes mains modeler des sourires d’une part, des masques d’autre part ou encore de ce que l’on pourrait appeler des faces.

D’un opposé à l’autre, à nouveau ?

Le visage se définit comme étant sans masque, exprimant les traits de la face, ce qu’elle est en réalité ; la personne de qui elle/il est.

Le masque quant à lui peut être funéraire, mortuaire, chamanique, chirurgical, cosmétique, facial, de beauté, de plongeur, de lutte, balistique, à gaz, à oxygène, de protection, de combat, de honte, de châtiment, de carnaval, de bal, de danse, de théâtre… Et se définit généralement comme représentant une force naturelle d’origine divine pour en appeler à la bénédiction ou au châtiment.

 

Et si le ”mascaron” italien est par définition ”grimacant” et/ou ”effrayant”, le masque se réfère d’abord à la couleur noire, qui constitue le plus ancien déguisement, du visage et/ou du corps que l’on ”colorait” et transformait ainsi. Ensuite, le masque  évoqua le spectre, le démon, le/la sorcier(e), en référence au ”mascarra” qui signifiait de fait ” tâche ”, ” salissure ”.

Aussi, si l’Afrique, dit -on, est le continent des masques (côte d’ivoire, Mali, Bénin, Gabon, Nigeria…), ils font aussi largement partie de cultures asiatiques (Inde, Tibet, Sri Lanka, Chine, Japon, boutant, Corée, Philippines…), américaines (Alaska, Uruguay, Mexique, Guatemala, Équateur, Costa Rica…) et européennes (Pologne, Belgique, France, Allemagne, Autriche, Italie, Portugal…).

Quant à la face, qui est ”l’aspect sous lequel une chose se présente ”, elle signifie originellement : le portrait.

Alors que dire de cette expression ” à visage découvert ”, c’est-à-dire sans masque ?

Dans son ouvrage : ”Entretiens chez le sculpteur”, Alain écrit : ”

– mais commençons par déshabiller le visage.

– oui, dit-il. Même d’un sourire il faut le déshabiller.

– j’ai connu, dis-je, plus d’un sourire tiré, devant le visage, comme on tire un rideau ; on en voit les plis et la mécanique. Effacé ce sourire de politesse, alors se montre le sourire du bonheur, qui semble sortir de la forme même, sans aucun mouvement…”

(Nrf. Édition Gallimard, p.18).

Découvrons-nous ainsi, depuis le masque, vers le visage, puis vers la face, déshabillant la personna, – sourire ou autre -, ce qui fait sa structure, son origine, sa vérité ?

V. Batbedat, le quêteur de structure, recherchant des colonnes vertébrales, nous en figure ainsi des points d’équilibre – points de rosée ? – origines de la vie, et ce qui lui permet de durer.

Alors devrait-on plutôt dire du sourire ”pourquoi” ? Ou ”comment”  ?

J’en réponds de l’artiste qu’il fût totalement : comment ?

Ainsi chacune de ces sculptures raconte de façon unique ici un sourire, mais aussi une quête, une joie, un souffle… Laissant secrètement au coeur de chaque oeuvre une proposition de réponse à l’éloge de la vie.

Ainsi dans les “têtes feuilles” (inox, acier) et les “têtes de sourires” (terre, bronze, plâtre), notamment.

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