Le relief : un passe-muraille ?

27 Fév 2026

QU’EST CE QU’UN RELIEF ?

LES ORIGINES DU RELIEF :

Etymologiquent (Cnrtl), le nom « relief » viendrait du latin « relever« .

Le relief existe depuis le Magdalénien (14000 avant J-C). Il s’inscrit depuis dans tout élément d’architecture, aussi bien dans les arts grec, roman, décoratif que contemporain... Il est ainsi présent dans toutes les formes d’expression et courants artistiques, reconnaissable depuis les gravures sur les roches, jusque sur les façades, les plafonds, les meubles puis tous les objets divers.

LES CARACTÉRISTIQUES DU RELIEF :

Le relief se distingue en trois catégories, selon sa distance de détachement de la scène de son support.

Ainsi, par sa nature même, le relief se confronte au dessin, à la peinture, à l’architecture et à l’écriture, avec lesquels il entre en dialogue constant. S’il est un type de sculpture ou de modelage qui peut être peint, sa particularité est de ne présenter qu’un faible relief en laissant le sujet représenté se détacher faiblement du fond, pour permettre des jeux d’ombres sur une surface a priori plane. C’est ainsi qu’il devient un élément architectural. Et c’est selon le plus ou moins fort dégagement – ou engagement – du/dans le support – que l’on parle de bas-relief ou de haut-relief. Par ailleurs, cet effet de profondeur est souvent renforcé par une perspective simulée par des effets de taille.s dé.croissante.s de personnage.s ou d’éléments du décors.

On peut dès lors se figurer le relief comme étant une « sculpture plane » figurant un espace d’ombres et de lumières qui raconte, au fil des heures, une histoire.

Mais plus précisément ?

LE RELIEF EST-IL TOUJOURS FIXÉ À UN MUR ?

Tel que pour les reliefs ci-après présentés, la « planitude » de ces sculptures, dont l’objet est de pouvoir s’intégrer à l’architecture sous forme de décoration murale, définitive ou pas, rend impossible d’en faire le tour comme on le fait d’une sculpture.

On peut dès lors se figurer le relief comme étant une sculpture à laquelle il manque « une dimension » : celle de l’appui, tel que le figurent le monuments et les réalisations ci-après.

l’Arc de triomphe, Paris

Différents reliefs « à suspendre au mur » de V.Batbedat

LE RELIEF DÉPEND-IL DE LA LUMIÈRE DU JOUR ?

Si le relief, tel que ceux de l’Arc de Triomphe, racontent des évènements, le mouvement des ombres et des lumières qui leurs sont propres les distinguent fondamentalement du « tableau » dont l’image est fixe.

Le jeu des ombres et des lumières peut toutefois dépendre de plusieurs facteurs : le climat, si le relief se trouve en extérieur, l’éclairage dédié, si le relief se trouve en intérieur, ainsi que le mouvement du spectateur. C’est donc l’ensemble de ces facteurs qui rend lisible l’histoire sculptée par l’artiste.

Pour exemple, cette oeuvre de V.Batbedat raconte en soi, pourrait-on dire, la fonction du relief, au même titre que celle de nombreuses sculptures, à savoir de « PORTER L’OMBRE« .

« Le porteur d’ombre« , maquette en cuivre.

Ainsi ce « Porteur d’ombre » n’apparait non plus comme une figuration en racontant un évènement, mais figure un simple objet doublé de son ombre mouvante au gré de l’environnement. Cette réalisation propose de cette façon un temps d’observation, de méditation… dont l’interprétation, la figuration, l’utilisation est propre au regard de chacun.

Ce relief, a été proposé en réponse à un appel à projet d’urbanisme orléanais, en tant qu’ornement mural extérieur. Le projet n’a pas vu le jour.

D’autres projets ont en revanche vu le jour, tels que :

« Relief« , Gendarmerie nationale de La Timone, Marseille

« Relief en hommage à M.Dupré« , Entrée du Conservatoire de Musique M.Dupré, Meudon

« Relief« , Centre commercial du Mont Pilat, Saint-Etienne

Plus d’info ICI & ICI

UNE SCULPTURE PLANE EST-ELLE UN RELIEF ?

Si le relief est doté d’une face plane pour être facilement apposé sur un mur, il y est des réalisations qui peuvent au choix être posées contre un mur – rendant dès lors un de leurs côtés invisible – ou être soclées de façon à offrir à chacun d’en faire le tour – laissant visible à loisirs la surface servant autrement d’appui.

Pour exemples ces sculptures de V.Batbedat, réalisées sur des « plaques » ou « feuilles » de pierres de grès (des Vosges), un format a priori idéal pour un relief.

Pour celles-ci, leur moindre taille et leur moindre poids permettent d’en varier aisément la présentation, laissant à chacun la possibilité d’essayer, changer, moduler l’exposition, au fil des lieux, des saisons, des humeurs… contre un mur ou sur un socle, selon l’espace et la lumière disponibles. Les approches en sont tout autant variées et surpenantes.

LE RELIEF EST-IL TOUJOURS SUJET AU CHANGEMENT ?

La « lecture » du relief est liée à ses ombres, lesquelles dépendent de la/des lumière.s qui s’y posent et du mouvement du spectateur, essentiellement. C’est ainsi qu’il s’intègre au rythme de la vie commune et c’est en cela qu’il dépend de son environnement.

V.Batbedat, afin de faire face au manque de lumière commun de nombreux espaces et/ou du manque de mobilité qu’ils offrent, a conçu des  » reliefs mobiles  » qui offrent par leur seul mouvement des jeux d’ombre et de lumière, indépendamment du lieu et du soleil, offrant ainsi à chacun un temps d’observation sans contrainte.

Ils les a nommé : « Plaques tournantes« .

Ainsi, peu importe le lieu, le saison, l’heure, la validité ou la fatigue du spectateur ; la seule contrainte de cette expérience proposée est de prendre un temps pour regarder. En effet, pour V.Batbedat, il s’agit simplement d’inviter un regard, pour un petit moment d’observation, de rêve…, pour un petit arrêt, une petite pause, active car qu’il s’agit de découvrir. Pour cela, il grave au burin, sur une plaque de cuivre qu’il fera tourner sous un éclairage fixe, des compositions géométriques. Certaines font l’objet de tirage sur papier. Mais avant, ces graphismes s’animent sous un rayon de lumière défini et sous l’effet de la rotation de la plaque dont le mouvement révèle très progressivement le graphisme, abstrait, qui apparait puis disparait, puis change, défilant à la manière d’un « paysage animé ». Pour le spectateur, il s’agit simplement d’en suivre le rythme et l’évolution qui, très loin de toute hypnose, ne fait que fixer à loisir l’attention, proposant de cette manière un temps de détachement autant que de concentration.

Plaques tournantes

De même que des premiers « films expérimentaux » réalisés dans les années 30 notamment, ces « Plaques tournantes » (dont la photographie n’est pas facilement représentative …) s’apparentent aux recherches optiques, graphiques, cinétiques, électroniques et mobiles de cette moitié du XXème siècle.

En ce sens, telles des « Musiques visuelles« , elles peuvent en figurer une synthèse.

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LE RELIEF EST-IL TOUJOURS SUJET A UN RYTHME ?

Effectivement, si le relief raconte une histoire (figurative ou abstraite), il est aussi par nature un témoin du temps, surtout s’il se trouve en extérieur. En ce sens, il est un médiateur d’un rythme naturel, autant qu’un moyen d’expression.

Mais d’autres rythmes peuvent s’impliquer au relief : au gré de l’artiste qui l’a réalisé, au gré du spectateur qui le découvre et au gré de sa « mise en scène », essentiellement.

Pour V.Batbedat, le rythme est un fondement de son travail, que ses nombreuses créations en lien direct avec la musique expriment. Mais à l’image de la musique, du souffle, le rythme existe par nature en tout être vivant. Ainsi dans les saisons par exemple, où il se montre, plutôt qu’il ne se dit. Il en est de même das la sculpture, le dessin… et c’est ainsi que le rythme fait naturellement partie de chacune de ses réalisations, dont ses reliefs.

Pour exemples les créations suivantes, en plâtre, dont la recherche a été initiée pour une commande de médailles (ou camées) et dont certaines études ont fait l’objet de réalisations en bronze.

Les jeux d’ombres et de lumières de ces reliefs proposent ainsi avec des mêmes éléments (triangle et ligne), différentes compositions rythmiques, c’est-à-dire différents mouvements.

reliefs, en plâtre recouvert d’argile

Les exemplaires de tête de la monographie « Sculptures » de V.Batbedat incluent un relief en bronze, mobile.

LE RELIEF EST-IL TOUJOURS DENTAIRE ?

Un relief intégré à l’architecture y reste aussi longtemps que la bâtisse qui l’accueille. De même, un relief qui a été réalisé pour un espace donné, c’est-à-dire pour une certaine lumière, à moins d’en reconstituer l’environnement, aura probablement une toute autre expression dans un lieu différent, au risque de changer ou de perdre son sens.

En revanche, les reliefs que l’on intègre, tel un tableau, dans une pièce (en fonction bien sûr de son poids et de sa fragilité), peut être déplacé. Dès lors, on peut considérer qu’il existe des « reliefs itinérants« , au gré des commodités propres à chacun.

Ainsi, on peut considérer les médailles comme ayant un format idéal pour tout déplacement.

Mais mieux encore est le bijoux, dont le support – ou point d’appui – est le corps, d’où il s’expose aux spectateurs.

Les bijoux de V.Batbedat ci-dessous présentés, pour leur composition apparentée à certaines de ses réalisations monumentales notamment, le montrent bien.

N’EXISTE-T-IL QUE DES RELIEFS SOLIDES ?

Le choix des matériaux, de même que celui des sujets abordés par les artistes, est très en lien avec leur environnement et leur époque, que le langage en soit esthétique, social, politique, technique…

Or il est ainsi des pionniers à toutes les pratiques techniques et technologiques, qu’il s’agisse de l’imprimerie, de la lithographie, du recyclage, de la compression, de la tempera, etc.

En ce qui concerne l’oeuvre de V.Batbedat, son travail est techniquement pionnier dans l’utilisation de l’acier inoxydable, dont l’existence sous forme de tube carré lui était contemporaine. Or ce matériaux, de même que le bronze, pour sa durabilité inégalée, implique une création sur le long terme, telle qu’une architecture, et pour autant l’artiste.

Ainsi, en matière de relief « non dur », on peut d’emblée penser à la gravure qui, par son mode de réalisation, crée naturellement un relief sur une feuille de papier. Mais celui-ci n’est pas son propos ; son propos est de l’ordre de l’image.

En revanche, la technique de l’embossage (ou gaufrage), qui donna naissance à la langue braille (plus développée à la fin du XVIIIeme siècle par V. Haüy puis par L.Braille), a pour objet de mettre en relief un support en papier.

Ainsi dans le cas du braille, le relief doit être touché pour être perçu. Et dans le cas de l’embossage pratiqué en art, le relief figure un espace d’ombres et de lumières, de même qu’il en serait en pierre, en bois…

Cette technique d’impression sur un support souple peut aussi se pratiquer sur du carton peu épais, du tissu, du cuir… et fait actuellement l’objet de recherches quant à son application sur des résines, du PVC… afin d’agrandir le champs des possibles, en matière de cartographie tactile, notamment.

Ces savoir-faire spécifiques, peu communs, sont réservées à quelques artisans spécialisés.

V.Batbedat n’a pas travaillé cette technique du relief.

Néanmoins, les oeuvres sur papier inventoriées qui constituent son fonds ont fait l’objet de sa signature en embossage.

Pour conclure sur cet essai de définition du relief, au vue des découvertes techniques et technologiques depuis la réalisation du premier relief sur Terre et au vue de leurs évolutions et des recherche dont elles sont l’objet, j’oserai conclure en comparant seulement le relief à la lune dont un côté reste invisible, ses autres caractéristiques étant changeantes et modulées au fil du temps et selon les pré-requis.

Mais de l’utilisation de la technique du relief par V.Batbedat, il m’apparaît qu’elle permet de façon unique à simplement réunir l’architecture et la sculpture qui vont d’autant plus naturellement de paire.

Enfin, si la sculpture requiert trop d’espace et que les « niches » murales font défaut, le relief semble présenter une heureuse alternative pour une présence artistique peu gourmande en place, même en dimensions monumentales.

Alors ?

Et toi, que dis-tu des oeuvres suivantes : doit-on parler de rond-de-bosse ou de sculpture ?

Et si tu souhaites découvrir plus en avant cette approche du relief, n’hésite pas à enir voir les oeuvres et pourquoi pas, à participer à un atelier.

Plus d’infos  ICI , ICI &

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